Chapitre 6 "Robert au désert: Photos de Bogdan Konopka" Page 3/4

 

Voici une interview que j'ai trouvé à propos du "Festival au désert"... je ne me souviens plus d'ou elle provient mais elle résume bien les articles de l'époque...les journalistes lui posant toujours plus ou moins les même questions, auquellles il donne toujours plus ou moins les même réponses, ce qui ne permet pas un large champs d’exploration et de compréhension de sa personnalité, malheureusement...ormis les pointes d'humour assez sarcastiques "so british" qui fait son charme...

Interview:

-Quelle surprise de vous retrouver à l'affiche de ce festival world !
R.P: Il n'y a rien d'étonnant à cela. Que ce soit avec Jimmy, mon groupe actuel, ou l'orchestre égyptien sur No Quarter, voilà trente ans que je fais des expériences dans ce domaine. Il n'existe pas un monde unique... Sinon, Eminem, parcequ'il est blanc, n'existerait pas. Avec le temps, mon coeur est devenu plus grand, plus riche. Mes aspirations sont autres. Je fais chaque jour de "nouvelles liaisons"( en français).C'est simplement fantastique.

-Etre Rock en 2003, ça veut dire quoi pour vous ?
R.P: Je n'ai aucune réponse car je ne sais pas ce qu'est le rock. Je ne peux parler que de ce que je fais. L'industrie est devenue si puissante, l'image si forte, qu'il ne se produit plus d'accident. C'était différent à mon époque. Les accidents étaient courants et c'est ce qui rendait les choses stimulantes. Aujourd'hui, et notamment aux Etats-Unis, le rock est devenu aussi stérile qu'une boite de pop-corn. L'époque a changé. Mais je ne me plains pas. Tout va bien pour moi.

-C'est votre premier concert dans le désert ?
R.P: Oui j'ai partagé la compagnie de Touareg mais donner un concert ici, c'est plus qu'un rêve. C'est un mythe. C'est fou. Si l'intention est de promouvoir le Mali, la culture touareg et les échanges entre pays, c'est une très bonne idée. En même temps, je trouve cela fou.

-L'idée parait bien fonctionner ...
R.P: Oui, masi il ne faut pas s'emballer. Voilà des milliers d'années que les gens tiennent ce discours mais cela peut avoir des conséquences négatives. Si nous devions simplement compter sur la musique, comment ferions-nous pour mettre du pain sur la table ? Les Touareg expriment des choses traditionnelles, personnelles. Maintenant que les Européens s'excitent autour de cela, voilà qui me parait étrange...

-Vous êtes ici la personne la plus mondialement réputée. Comment vivez-vous cela ?
R.P: Le contexte est différent, je ne suis pas une légende.

-.... qui a vendu des millions de disques de par le monde...
R.P: J'étais juste un bon chanteur qui chantait de bons morceaux dans un bon groupe dans un temps reculé. Mais à part ça, à chaque instant de ma vie, j'existe en tant que père, amant et musicien ambitieux. La légende est dans le placard. Franchement, une légende pour qui ? Ce n'est qu'un mirage dans le désert.

-Qui a attiré le plus votre attention au cours du festival ?
R.P: La musique des gars Nigérians qui dansaient avec une épée était fantastique. Sinon, Tinariwen qui sont mes préférés et le superbe mélange pratiqué par Lo'Jo.

-Ali Farke Touré, qui est votre ainé, vous surnommait Grand Père...
RP: C'est la cas puisque j'ai deux petits enfants. Et puis, à mon âge, je ne peux plus me lever et m'asseoir constamment. Une bonne chose que je ne sois pas catholique...

-Qu'allez-vous rapporter de ce voyage ?
R.P: Beaucoup de contacts avec de futures musiques et un bol d'optimisme. J'ai été très touché par la gentillesse avec laquelle nous avons été acceuillis. Je pensais qu'en raison de notre richesse, nous serions rejetés. Aujourd'hui je sais que je peux revenir n'importe quand et la légende restera en Angleterre.

 


© Véronique Valentino P3/4