page précédente sommaire page suivante

Chapitre 3 "Dreamland : Retour aux sources..." Page 3/3


Ses propres mots…

J’aime beaucoup l’émission "Story Teller" du 06 juin 2002. Robert Plant en est le "Conteur", après la sortie de "Dreamland".
Entre chaque morceau, il parle des musiciens dont il reprend les titres sur ce disque, ainsi que de l’influence de la musique américaine sur ses inspirations, depuis très longtemps.

ses mains... Quelques extraits :

Robert Plant
:
"Les festivals des années 60-70…  quand nous partagions le scène avec Janis Joplin,
les Doors, John Lee Hooker… tant de gens extraordinaires…

C’était si étonnant pour moi qui venait d’un trou perdu au milieu de l ‘Angleterre, où la pop music était nulle, arriver aux USA et de trouver cette nouvelle société, cette culture indépendante, cette culture parallèle suivie pourtant par des milliers de gens !
Avec toutes ces musiques qui me tournaient la tête, toutes les causes et les effets de ces merveilleuses expériences… Ce garçon sorti de cette médiocrité musicale, la crasse musicale dans laquelle je pataugeais…
J’étais un enfant à qui on avait montré un "brave new world", et à ma façon je voulais y contribuer... je parle de chansons bien sûr. Tellement de gens m’ont dit tellement de choses qui m’ont émerveillées… 
Il y avait une chanson particulière que j’aimais beaucoup : "Darkness Darkness", mais dont je ne voulais pas m’approcher surtout avec la façon dont ma vie avait tourné à l’époque… Depuis j’ai eu l’opportunité avec mes musiciens d’essayer de reprendre cette chanson de Jesse Collin Young."

"Puisque nous parlons de chansons, et de belles chansons, et de cette période particulière sur laquelle nous revenons ce soir en partie, une période très prolifique… il n’y pas si longtemps, nous avons perdu un des meilleurs : Jeff Buckley… c’est très triste et difficile d’avoir perdu un tel talent, un tel cœur… Son père Tim Buckley m’a beaucoup influencé quand je suis arrivé aux USA… Les paroles de "Song to the siren" sont probablement parmi les plus belles que j’ai entendues de ma vie." ma première attirance....
ses mains
ses mains Question : "Comment vous sont venues les paroles de vos chansons ?"

Robert Plant
: "Je pense que je sais écouter,  je pense que "j’aime" beaucoup et  j’ai beaucoup d’amour à donner, et j’ai vu beaucoup de choses dans ma vie… les paroles de mes chansons se sont améliorées depuis Led Zeppelin, j’étais basiquement inspiré par les musiciens populaires des années 60 et mes héros quand j’étais enfant étaient Gene Vincent et Elvis, ou ce genre de héros du Rock… et puis dans votre pays (USA) il y a beaucoup de très bons paroliers, ils m’ont beaucoup inspirés… Je suis sur la route depuis longtemps à écrire des chansons, et il y a plein d’aspects que j’ai étudiés, appréciés, ou qui m’ont enthousiasmé durant toutes ces années...
Ma première attirance était pour le Blues et depuis 1968, l’association de Led Zeppelin et du Blues est bien connue. À l’école et au collège j’étais entouré de beatnicks qui célébraient le "post beebop Jazz" et le "Country Blues", et j’écoutais Lead Belly chanter "Gallows pole" quand j’avais 15 ans, Muddy Waters chanter "You shook me" quand j’avais 18 ans, et "How Many More Years " par Howlin Wolf…
En 1939 le Mississippi était le centre d’enregistrement des musiciens noirs à Clarksdale. Ils enregistraient aussi à Grafton Winconsin, et quelques studios à New York , mais je suppose que Clarksdale était le centre, et plus prêt à enregistrer des musiques d’avant garde…
Pour arriver là où nous en sommes, et faire ce que nous faisons maintenant, nous regardons toujours
en arrière,
tout le monde regarde en arrière…

Avec Led Zeppelin nous regardions vers Chicago, vers le Blues… En tant qu’enfant en Angleterre, nous nous tournions toujours vers le Blues, le country Blues, l’electric Blues, de Chicago, de Detroit… on regardait tous par là pour faire notre musique… Et si les groupes, en rejouant cette musique, vont quelque part et se renouvellent : c’est un cycle qui continue, qui avance, une chanson en amène une autre…"

"J’ai enregistré et passé tant de temps en Afrique du Nord depuis 2 ans et tellement plus que ça dans ma vie… nous avons trouvé que la source du Blues est partout, et pour moi l’origine géographique se trouve aussi bien chez les noirs d’Amérique, appartient autant à John Lee Hooker, qu'aux tribus et musiciens du Mali, ou aux touaregs…
Ils viennent tous du même endroit qui n’est pas touché par l’esprit commercial. Un endroit intéressant…
et nous y allons en jouant "Win my train far home"… 


Win my train far home (sa voix est aussi belle quand il parle que quand il chante...)
ses mains

ses mains "De mon coeur et de mon amour... J’ai fait partie du "British Blues Boom" avec Bonzo (John Bonham) dans The Band of Joy, et d'autres après, dans le Black Country; et notre musique en Angleterre penchait, en quelque sorte, vers Chicago... mais la Culture Jeune aux USA en 1966-67 était quelque chose de différent, il y avait du désenchantement vis-à-vis du gouvernement américain et de sa politique, sa politique étrangère avec le Vietnam, la peur de la Baie des Cochons, les réponses extrêmes à la paranoïa de la police et des autorités, et il y avait l’émergence d’un nouveau mouvement, d’une nouvelle conscience, et une demande de changement à travers les chansons populaires; et je suppose que si Dylan a mis le feu, puis The Byrds et The Aeroplane et les jeunes gars de Buffalo Springfield, c'est parce qu'ils posaient beaucoup de questions dont certaines demandent encore des réponses.
Donc voilà une des chansons qui ont été écrites à ce moment-là par Bonnie Dobson (Morning dew), il était accompagné de Tim Rose qui était un vieil ami à moi... j’étais dans The Band of Joy, on n’avait plus d’argent ni de concerts, et Bonzo m’a dit un jour “je m’en vais”, je lui ai dit “tu peux pas me quitter maintenant!”. Il m'a répondu : “y a pas d’argent ! Je me suis mis à voler tout, juste pour vivre, des bouteilles de lait devant les maisons ! Je vais avec Tim Rose !”. Alors il est parti, et j’ai rejoint Alexis Korner. Environ un an après, j’étais chez Jimmy Page et il me dit “si tu veux faire ce boulot, j’ai un batteur, de tel groupe”, je dis “Il est pas bon, tu devrais avoir le batteur de Tim Rose”. Donc je l’ai fait revenir, j’ai fait revenir Bonzo. Et ça nous coûtait 25£ par semaine !"

Morning dew (version France Inter Juin 06)


L’"étrange sensation" de me laisser couler et dissoudre dans la vague chaude de sa voix, d’être une matière perméable qu’elle imprègne doucement… Mes perceptions immergées s’y lovent et tout s’apaise, le temps que je reste concentrée uniquement sur sa voix… N’est-ce pas le principe de la méditation ?
Mais jusqu’où peut mener l’écoute intensive de la voix de Robert Plant ?!!..


page précédente © Véronique Valentino P3/3 page suivante