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Chapitre 3 "Dreamland : Retour aux sources...Tim Buckley" Page 4/6......les 3 prochaines pages ne sont pas encore en PDF


photo: Ed Thrasher

J’ai voulu connaître la version original de certains titres de "Dreamland", en savoir un peu plus à propos de leurs auteurs… personnellement, j’ignorais même leur existence!
Voici trois personnalités très différentes, des trois chansons qui m’ont le plus émus…

Tim Buckley :
Avec sa voix magnifique, sa vie et sa musique excesive, disloquée…

Song to the Siren (l'originale, donc)

Petite bio:
Timothy Charles Buckley III,chanteur et compositeur, né aux États-Unis le 14 février 1947.
Avec une voix de cinq octaves, Il interprète de la musique expérimentale, teintée de jazz, musique psychédélique, funk, soul music et free jazz, et du Rock avangardiste, au cours de sa courte carrière entre la fin des années 60 jusqu’au milieu des années 70.

Fils d'un Irlandais à la voix de ténor, Il considérait sa voix comme un instrument.
Très jeune, il découvre l’étendue du registre de sa voix, et commence une carrière de chanteur au lycée, puis dans les bars, s'accompagnant à la guitare. Il y fait la connaissance de Larry Beckett, qui compose les textes des chansons de ses premiers albums.
À cette époque, il joue de la musique folk, très en vogue avec la percée de Bob Dylan.
Il découvre aussi sous l'influence de Larry Beckett, le joueur de sitar Ravi Shankar et la musique concrète de Karlheinz Stockhausen ( compositeur allemand né en 1928, qui construit son travail autour de la musique électro-acoustique).

Il réalise son premier album "Tim Buckley" en 66 pour le label Elektra Records (qui produit Eric Clapton et les Doors) qui révèle sa voix extraordinaire
Bien qu'assez conventionnel, cet album sensible touche par ses côtés grave et doux-amer, et la recherche sur les sonorités de la musique folk.
À ce moment de sa vie, Il se sépare de sa femme Mary Guibert, se désintéressant de son fils Jeff Buckley,qui vient de naître (mais lui dédie son chef d'oeuvre "I Never Asked To Be Your Mountain") et vit entre New York et Los Angeles et découvre Miles Davis et Thelonious Monk dans les boîtes de jazz

Petit à petit, sa musique évolue vers un rock qui se mêle au folk de ses débuts. C'est aussi de cette époque que date la chanson "Song to the siren", ode mélancolique à l'amour inaccessible (qui ne sera éditée que dans l'album "Starsailor" en 70).

Au cours de l'année 1968, son style évolue en incluant des influences de Jazz. Dans ses tournées promotionnelles comme dans ses passages télévisés, il exécute de plus en plus d'improvisations, cela est rarement apprécié, et le dessert commercialement.
L'album sorti en 1969, "Happy sad", confirme cette nouvelle orientation. Les morceaux sont enregistrés très rapidement, souvent en une seule prise, ou même improvisés et jamais rejoués. Très marqué par le Jazz, "Happy sad" lui apporta un nouveau public de connaisseurs exigeants... Mais les ventes de ses albums ne décollent pas, et au creux de la vague durant l'année 1971, il est même obligé d'accumuler les petit boulots pour subvenir à ses besoins.

Son instabilité se manifeste dans tout les domaines : dans sa vie privée comme dans sa vie musicale… Il abandonne son style précédent.
Il évolue alors vers le Free Jazz comme dans l’album "Lorca" que l’on peut considérer comme un coup d'essai, et dans lequel il fait preuve d'une rare virtuosité vocale…

Et puis arrive "Starsailor". Si "Lorca" comportait des traces de free jazz, "Starsailor" les confirme. À l'exception de 2 morceaux dont "Song to the Siren", l'album n'est que vocalises atonales…"Starsailor" (le morceau), quant à lui flirte avec la musique contemporaine la plus exigeante.

Starsailor

Après une période de presque 2 ans où il exerce diverses métiers (dont chauffeur pour Sly Stone), il revient avec "Greetings From L.A", un album très Soul & Sex …Jamais Tim Buckley n'avait semblé aussi confiant en lui, Il peut tout faire de sa voix, et passe de l'extrême grave à l'extrême aigu, du chuchotement au cri…

Il meurt le 29 juin 1975 d'une overdose.

 

Discographie :

"Tim Buckley" Elektra Records 1966
"Goodbye and hello" Elektra Records 1967
"Happy sad Elektra" Records 1969
"Blue Afternoon" Label Straight janvier 1970
"Lorca" Elektra Records février 1970
"Starsailor" Bizarre records novembre 1970
"Greetings from L.A". Label Straight 1972
"Sefronia" Discreet 1973
"Look at the fool" Discreet 1974

Albums enregistrés sur scène

"Dream letter live in London" label Demon, enregistré en 1968,
" Peel sessions" label Strange fruits, enregistré en 1968,
" The Copenhagen tapes" label Pinnacle, 2000

Jeff Buckley

Photo: Merri Cir/ David Gahr

Je connaissais de nom son fils, Jeff Buckley, dont J ‘ai retrouvé "Grace" dans ma discothèque, je ne l’avais jamais écouter… Cette fois j’y prête grande attention : une voix superbe et délicate…
Hallelujah, chanson de Leonard Cohen, cette reprise de Jeff Buckley est la plus belle de toutes..

Jeff Buckley était un inconditionnel de Led zep, il disait qu’il connaissait si bien leur musique « que Led zeppelin circulait dans son sang »
The Night Flight, la meilleur reprise de ce titre de Led Zep, tout seul avec sa guitare, quel talent, quelle voix!

Vers 1988, à un producteur qui lui demandait ce qu’il comptait être ou faire d’ici 5 ans, il confiait: " Un album qui fasse oublier
Led Zeppelin II ".

Jeff Buckley s’est noyé dans le Mississipi en 97...

 



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