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Chapitre 5 "Mon aventure à Tunis..." Page 3/8


Backstage, les problèmes…
 
Toujours aucune nouvelle du management de Plant, on attend…
 
Marc se balade en prenant des photos. Dominique en faisant quelques petites interviews de spectateurs. Cela fait une semaine qu’il est à Tunis à tourner des images qu’il pourra exploiter en documentaire sur plusieurs thèmes croisés, mais ce qui "rentabiliserait" sa semaine serait l’interview de Plant, avec une séquence sur Ali Farka Touré disparu récemment, que Robert appréciait et avait rencontré au "festival au Désert" 2003. La BBC, en plus, l’a "pré-commandée".
Moi je reste avec Olivier… nous nous baladons dans l’enceinte du site, avec en fond sonore des concerts assourdissants et les hurlements des jeunes gens qui peu à peu remplissent le théâtre…
Je lui pose plein de questions, par exemple: comment est-il devenu attaché de presse? On a du temps, et il me raconte dans les détails: du jeune passionné de musique Rock qui commence par travailler chez des disquaires, puis qui, de concerts en rencontres, arrive à créer sa boîte de production. Quand il finit par en être trop de sa poche financièrement, il rebondit sur une proposition de devenir "attaché de presse" de différents groupes ou personnalités, jusqu’à Plant l’année dernière.

Nous rencontrons Hichem, l’organisateur. Inviter Robert Plant à Tunis pour un concert, c’était son rêve! Mais il nous raconte comment c’est presque devenu un cauchemar à cause des exigences et du harcèlement de son management, qui envoyait 10 mails par jour jusqu’à son arrivée! Il nous cite l’exemple entre autres de la batterie: ne pouvant être transportée à Tunis, il a fallut trouver l’équivalent sur place, or le diamètre de la grosse caisse du batteur , Clive Deamer, est de 26 : diamètre introuvable en Tunisie! Olivier le rassure: tout va bien se passer, c’est toujours comme ça avant un concert d’une personnalité de cette envergure, énormément de stress et de problèmes dont on est finalement récompensé par la qualité de la performance et l’enthousiasme du public!

Hichem espère que les "adultes" vont arriver en fin de soirée pour le concert des "Strange Sensation"; d’ailleurs cela faisait partie des doléances du management car ils craignaient que le groupe ne soit pas suffisamment bien accueilli par cette foule de petits jeunes après 5 concerts de métal…
Étonnant cette crainte, après tout Robert est leur père à tous !
Hichem repart, il doit encore s’occuper de plein de détails, comme de s’assurer qu’il y aura un plat des meilleures pâtisseries orientales dans la loge de Plant à son arrivée…

Nous reprenons notre balade, la lumière baisse, il commence à faire froid… Puis Olivier reçoit enfin des nouvelles, comme une sanction:  le groupe arrivera peu de temps avant le concert, pas question de filmer, ni de faire des photos. Olivier va devoir encore entrer en négociation…
Nous revenons dans les loges, pour saluer "Adagio", un groupe qu’Olivier a "sorti" en les produisant le premier tant il croit à son guitariste.

Je vais me réchauffer un peu dans leur loge, les musiciens préparent leurs instruments, le chanteur revêt son costume de scène. Ils me semblent tous si calmes, si appliqués, pourtant je ressens les vibrations de leur fébrilité!

La foule est de plus en plus dense, Hichem ne sera pas déçu quant à la fréquentation de ce soir, mais pour ce qui est des "adultes", je n’en vois toujours pas…

Le groupe arrive sur scène sous les acclamations, leur musique est connue du public qui reprend en cœur les paroles, ce qui est étonnant car Adagio n’a jamais vendu un seul CD en Tunisie! Ici, tout se fait par téléchargement…
 
Je reste en coulisses, c’est émouvant d’être derrière la scène, de voir la foule comme la voient les artistes: une masse sombre gesticulante, plutôt terrifiante…



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