Justin...
Je me joins au public avec Olivier que je suis toujours comme son ombre.
Après avoir
apprécié la performance et critiqué le chanteur,
nous nous éloignons pour discuter en rejoignant lentement
l’entrée du Festival car Robert va bientôt
arriver… Je suis très curieuse de savoir ce qu’il
espère obtenir du Management à présent que les
occasions de faire les belles images prévues sont tombées
à l’eau les unes après les autres.
"Des photos du concert de ce soir" me dit-il, "et
pouvoir le filmer peut être… puis en dernier recours:
demain une interview à l’hôtel bien que ce soit du
gâchis de ne pas avoir profiter de ce site exceptionnel, mais ce
serait mieux que rien, même si j’y crois pas trop car
demain est un "day off" pour le groupe."
Le Public "Adulte" arrive
enfin, et nous sommes nombreux, bien que dispersés car le site
est grand, à attendre devant l’entrée des
coulisses.
Voilà que 3 limousines noires se garent directement devant les grilles qui mènent en back-stage!
"On y va ?" dis-je à Olivier avec enthousiasme.
"Attend un peu, laisse les arriver, il ne faut pas leur sauter dessus si vite! "
Alors j’attends sagement
avec lui que le calme revienne un peu; puis on se dirige vers les
grilles, cette fois la vérification des badges est autrement
plus sérieuse.
Je ressens que l’ambiance
et le comportement de tout le monde a changé, la tension est
palpable et je me fais discrète dans un coin, tout est comme en
suspend en coulisses, alors qu’Adagio joue toujours.
Je suis juste derrière la scène, j’aperçois
l’un des musiciens des Strange Sensation à 2 mètres
de moi lui aussi en train de les regarder… il semblerait donc
que les grandes manœuvres de verrouillage ne touchent pas tous
les musiciens du groupe? Et juste à ce moment-là, je vois
Justin Adams: lui aussi écoutait tranquillement le concert! Je
me précipite vers lui, lui arrache à deux main celle
qu’il me tend un peu interloqué, me souriant gentiment, et
je commence à lui hurler dans l’oreille mon histoire de
"carnet de voyage" qu’il écoute patiemment, il parle
très bien français… Son portable sonne, il
s’excuse et s’éloigne pour répondre, je me
dis que bon, tant pis… mais non, il revient vers moi, gentleman:
"Excuse moi, tu disais?"
Je repars dans mes explications
exaltées, car je sais que les secondes sont précieuses,
que l’occasion a peu de chance de se représenter! Il
semble comprendre le principe de ce que je braille pour couvrir la
musique… j’en profite pour lui parler d’une photo
que j’ai prise de lui lors d’un concert et repeinte
à ma façon, car s’il la signe, cela lui donnera une
idée de la façon dont je pourrais illustrer mon
"carnet"… pourvu qu’il ne trouve pas ça horrible!
Mais elle est dans mon sac, dans la loge… Je l’y suis donc
en sachant que je vais pénétrer grâce à lui
et de façon impromptue, dans l’antre interdite…

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