Chapitre 6 "Le mali, les Touaregs,Taghref Tinariwen" Page 1/9

Les photos de ce chapitre ont été prises lors du 1er et 3ème "Festival au désert" par Titanne Van Hille et Nadia Nid El Nourid de Lo'Jo.

Prochainement en PDF

 

Entretien avec Monsieur Issa Dicko

 

L’Afrique Noire n’était pour moi qu’un concept intellectuel…
Imaginée aux lectures d’Hampathé Bâ, d’Amadou Kourouma… ou Senghor…
Mes études d’Histoire de l’Art : la révélation de la sculpture, de la terre… émerveillement face aux reines du royaume d’Ifs… l’épure et l’incroyable maturité de l’art dans l’objet rituel ou quotidien…
La musique : FELA en tout premier, puis ZAO ou Abetti pour nos fêtes d’adolescents…
Des images aussi : les photos magnifiques des Noubas par Leni Riefenstahl, celles de Malik Sidibé… les films de Souleymane Cissé……
En contraste : la médiatisation d’une réalité trop dure, la misère, la souffrance, la guerre…
Un pays trop «lourd» de fantasmes ou de terreurs pour y mettre les pieds…
et les années passèrent…

Jusqu’à « 66 to Timbuktu » et cette version magique de « Win my train far home » au milieu du désert … jusqu’à ce que je découvre que Robert Plant est un individu, pas seulement une part de l’entitée Led Zep.
J’écoute et je lis ce qu’il dit de ses inspirations, de ses goûts actuels :l’Afrique noire, le Mali, les Touareg, le désert…
Et me voilà convertie : bien sûr qu’il faut aller en Afrique !


Je dois y aller !

 

Pour comprendre encore, mieux, pourquoi, comment : le «Festival au désert», le lien avec le Blues, et cette façon particulière de jouer de la guitare, qui lui plait tant qu’il a choisi pour son nouveau groupe celui qui s’en inspire si clairement: Justin Adams …

Un voyage: de Bamako à … «Timbuktu» bien sur !
Denis Péan me conseille de rencontrer Dicko à Bamako… Dicko «l’érudit»...

 

Bamako, Centre Culturel Français

 

Entretien avec M. Dicko, qui prend le temps de nous recevoir sur ma simple bonne foi et mon histoire de «Carnet de voyage»…

Je lui demande de se présenter :
I.D.:Je m’appelle Issa Dicko, je suis coordinateur du festival «Nuits Sahariennes d’Essouk », secrétaire général de l’association « Taghref Tinariwen »… J’organise des activités culturelles au niveau de la région de Kidal, dont le but est de promouvoir le site de Tadamakat, site médiéval très peu connu sur le plan national et international…pour me présenter je dirais surtout que je m’occupe de l’écriture Tifinar, dont je suis un ardent défenseur, ainsi j’anime et je fais des conférences sur la culture touareg
L’association s’occupe aussi de la promotion des activités musicales du groupe « Tinariwen », ainsi que de projets sur lesquels est axée cette association, comme la "Maison du désert" que l’on propose d’ouvrir à Kidal avec une antenne à Bamako… Aujourd’hui l’association à déjà a son actif deux éditions du festival, et, en partenariat avec les Tinariwen, la création d’un studio d’enregistrement à Kidal.
Nous avons aussi le projet «Chercheur dans sa propre culture», qui consiste à ramener des documents et des livres de culture Touareg à Kidal.
En même temps l’association travaille avec des groupements de femmes, de jeunes de la région de Kidal et d’autres régions touareg, en vue de fusionner leurs savoirs, et de conserver ce riche patrimoine, très peu connu dans le monde…

La jeunesse a envie de s’impliquer dans sa culture, parce que c’est vrai on parle beaucoup des Touareg, mais eux mêmes parlent très peu d’eux…l’association est un espace d’expression, en matière de poésie, de musique, de culture Tifinar, et de toutes sortes d’aspects de la culture touareg.

© Véronique Valentino P1/9