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Chapitre 7 "Time Flight...Avant Dreamland..." Carrière solo, tout petit résumé...

 

Novembre 1980 : discussion sur l’avenir de Led Zeppelin suite à la mort de leur batteur John Bonham.

4 décembre 80 : communiqué officiel annonçant la fin du groupe : «La perte d'un ami très cher et le profond respect que nous avons pour sa famille nous ont amenés à décider qu'il n'était pas possible de continuer sans lui»…

Durant les 7 mois qui suivent, Plant reste à l’écart du monde, dans sa ferme entouré de sa famille. John Bonham, «Bonzo», était un ami depuis l’adolescence, Robert l’avait recommandé à Jimmy Page pour les «New Yardbirds», futur «Led Zeppelin»… "Ce fut l'une des plus dures, des plus déchirantes périodes de ma vie. J'avais un ami avec un coeur énorme et je l'ai perdu. C'était si brusque. Je n'ai plus jamais songé au futur du groupe."
Le 9 mai 1981, il joue de nouveau en public, soit 7 mois après le dernier concert du Zepp.
Plant démarre en solo sans réellement avoir de plan précis et dans un contexte radicalement différent de celui du Zepp : il ne joue que dans de petites salles et uniquement un répertoire de reprise.
Son «backing band» est nommé «Honeydrippers» en hommage à la star du blues des années 50 Roosevelt Sykes.
Robbie Blunt (guitare), Andy Sylvester (basse), Kevin O ‘Neill (batterie) ainsi que Kevin Davis et Ricky Cool au saxophone accompagnent alors Robert et jouent principalement dans des clubs, bars à vin et pubs…
Il déclarera plus tard que c’est avec les «Honeydrippers» qu’il réalisa à quel point la musique lui était nécessaire et décida de débuter une carrière solo.
« Je savais que quoi que je fasse ça allait devoir être très modeste et que j’allais devoir démarrer sous un angle très introspectif, parce que j’étais seul ! Il n’y avait aucun moyen de revenir en arrière, je devais recommencer à zéro. C’était très intimidant… Mais j’étais content d’avoir opéré une rupture complète. Et c’était le bon moment dans ma vie ; j’avais 32 ans…»

Ses shows de 1981 étaient strictement non-Zepplin et il poursuivra dans cette direction pour les tournées à venir, jusqu’en 1988.

Plant et Blunt se mettent rapidement à écrire du nouveau matériel. Le premier morceau composé est «Fat Lip» qui apparaît l’année suivante sur son premier album solo «Picture at eleven».
Lors de ces sessions d’écriture, les deux musiciens travaillent seuls avec une boîte à rythme...puis l’équipe s’agrandit d’autres musiciens, (Robbie Blunt - Guitare, Andy Sylvester – Guitare, Paul Martinez - Bass, Jezz Woodroffe – Keyboards et Cozy Powell - Drums) qui joueront sur l’album (sauf Andy Sylvester).

Photo Kevin Westenberg

Le groupe enregistre une série de démos aux Rockfield Studios, Monmouth, UK. Certaines séances de travail sortiront plus tard sous forme de bootleg (enregistrement pirate).
Deux batteurs jouent sur l’album : Phil Collins et Cozy Powell.

Finalement, «Picture at eleven» sort le 28 juin 1982 et connaît un gros succès, tant public que critique...

Le groupe ne tourne pas, mais se lance directement dans l’écriture d’un second disque qui sortira un an plus tard, en juin 1983 : «The principle of moments».
Barriemore Barlow et Phil Collins se partagent les parties de batterie. Les titres « In The Mood » et « Big Log » rencontrent un grand succès auprès du public.
Robert se rappelle son intention d’alors : « J’utilisais des rangées entières de claviers ! Qui ferait ça maintenant ? (…) Je voulais vraiment essayer de faire toutes sortes de choses différentes et j’étais encore assez jeune pour mettre une partie de ma vie quasiment de côté et dire : « Eh, mais je peux faire ça ! Et je le fais comme ça ! » Je ne me préoccupais pas tant de ce qu’il y avait eu avant, j’était surtout inspiré par les possibilités qui s’offraient à moi alors. Chaque disque est marqué par le son de son époque et l’esprit du temps en matière de musique. Je n’écrirais certainement plus « In The Mood » maintenant, mais je dois dire que je l’aime bien ! »

Plant est désormais prêt pour partir en tournée, et il commence aux USA par une série de concerts durant 6 semaines.
Phil Collins quitte l’équipe après cette série de concerts, il est remplacé par Richie Hayward qui entame la partie Anglaise de la tournée (17 concerts à partir du 22 novembre 1983). Suivent ensuite le Japon, Hong Kong etc…
En 1984 Plant retrouve ses vieux amis Page, Beck etc… et sort «The Honeydripers vol one». Le succès est immense.
Retour aux rockfield studios courant 1985 pour l’enregistrement de «Shaken’n’strirred». Le disque sort à l’été 85 et déçoit beaucoup.
Robert s’en moque et part en tournée.
Rétrospectivement, il explique:« Les sons ne sont pas « confortables », il ne s’agit pas de murmurer à l’oreille de quelqu’un, il s’agit de moi essayant de forger des sons… C’était assez nerveux avec une orientation très technologique. A cette époque, quatre années avaient passé depuis que j’avais partie pour la dernière fois de la grosse machine Led Zeppelin et j’essayais vraiment d’avancer, en zigzag, parce que c’était ce que Zepp faisait. Nous essayions toujours de faire d’abord ce dont nous avions envie plutôt que de considérer comment le public allait réagir, s’il allait apprécier ou pas. Et je pense que «Shaken‘N’Stirred», c’était exactement ça !(…) C’était un terrain inconnu et ce n’était pas confortable, et ça ne marchait pas vraiment en live (…) Mais c’était une direction dans laquelle je voulais aller, je voulais vraiment me pousser aussi loin, parce que les choses étaient en train de changer… ».

Au cours de l’été de cette même année, Robert retrouve Jimmy and John Paul sur scène lors du grand concert for LiveAid organisé le 13 juillet 1985. C’est la première fois qu’ils rejouent ensemble depuis la fin de Led Zeppelin.
Ils jouent Rock And Roll, Whole Lotta Love et Stairway To Heaven, avec Tony Thompson et Phil Collins en duo à la batterie. Une réunion sans lendemain, qui – sans doute du fait de la pression et du manque de préparation - laisse les fans sur leur faim et les critiques très sceptiques… (Lors de la sortie en DVD du film du concert, en 2004, le groupe décide unanimement de ne pas autoriser qu’y figure leur participation, considérant qu’elle n’était pas à la hauteur leurs standards habituels.)

Après cette tournée, Plant restera deux ans loin des médias… Il semble chercher une nouvelle direction musicale.
Il reste deux ans sans rien publier, et travaille de temps a autres avec Robert Crash (précédemment membre de Psychotic tank). Plus tard il reçoit une démo de la part de Virgin music qui le décide à travailler avec Dave Barrats et Phil Johnstone.
Ce dernier présente Chris Blackwell (batterie), Doug Boyle (guitar) et Phil Scragg (basse) à Plant, et le groupe enregistre ce qui deviendra son 4eme album solo : «Now and Zen».
À l’automne 87 le disque est terminé. Il sort en février 88 et connaît un gros succès public et critique, avec des titres comme «Heaven Knows», «Tall Cool One» et «Ship of Fools».
Robert se souvient : «Je savais que j’allais quelque part, je n’étais pas dans un groupe de blues, je n’étais pas en train de «régurgiter» des chansons pour faire battre le cœur des gens… je suivais une piste.»

Une tournée est organisée et c’est Charlie Jones qui remplace Scragg. La tournée débute au Royaume-Uni, suivi du Canada, pour se dérouler ensuite pendant plusieurs mois à travers les Etats-Unis.
C’est un immense succès et le groupe joue devant plus d’un million de spectateurs.

Cette tournée est la première au cours de laquelle Plant reprend des classiques de Led Zeppelin, dont «In The Evening», «Trampled Underfoot», «Misty Mountain Hop», «Black Country Woman»…
Au cours de cette même année 1988, le 14 mai, à New York, a lieu une nouvelle réunion sur scène des anciens membres de LZ, cette fois pour célébrer le 40e anniversaire de leur ancien label Atlantic Records… Pour rendre hommage à John Bonham, ils invitent son fils, Jason, à la batterie et jouent quatre titres: «Kashmir», «Misty Mountain Hop», «Heartbreaker» et «Stairway To Heaven».
En 1989, le groupe de Robert se retrouve aux Olympic studios (Londres) pour enregistrer «Manic Nirvana» (v.v: superbe pochette!) qui sort en mars 90 et est favorablement accueilli par le public et les critiques.
Robert se rappelle un disque «au son dur… encore un disque qui a le son de son époque, mais l’intention, le travail de la guitare, le chant et le reste n’étaient pas marqués par l’époque, seul le son l’était… C’était un son de la fin des années 80.»
Les titres «Hurting Kind» et «Tie Dye On The Highway» sont de gros succès commerciaux ; mais Robert en retient lui un autre titre… «Watching You était vraiment important pour moi : c’est là que j’ai commancé à utiliser des chants berbères et des choses comme ça…»

La tournée qui suit, au cours de l’année 1990, en Europe et aux Etats-Unis, est de nouveau un succès et Robert semble de plus en plus à l’aise avec le répertoire de Led Zepp puisqu’il inclut quelques 6 morceaux du Zepp dans sa setlist, dont «Nobody’s Fault But Mine», «No Quarter», «Immigrant Song», «Communication Breakdown»… à côté de ses nouveaux succès comme «Hurting Kind» et «Tie Dye On the Highway».
Après une pause et l’engagement de différents cinq musiciens additionnels, il sort «Fates of nations» en juin 93.
Ce disque pousse encore plus loin l’expérimentation world music, on sent qu’il s’approche à petit pas du parti pris du futur «No Quarter» : mélange de musique traditionnelle Orientale et celtique...
Pour Robert, «c’était aussi loin de Manic Nirvana qu’il était possible d’aller. C’était à nouveau analogique , c’était chaud…»
Les titres «Calling To You» et «29 Palms » notamment rencontrent un grand succès.

Au cours de la tournée européenne de 1993, Robert profite de plusieurs shows à la télévision ou à la radio destinés à promouvoir son nouvel album, pour présenter des « sets » acoustiques, alors très en vogue… préfiguration d’un «Unplugged» à venir.
Après une tournée américaine à la fin de l’année, Robert déclare «avoir trouvé assez étrange de faire la première partie de Lenny Kravitz en Europe». (v.v : Je crois bien que Kravitz s’en est repenti depuis!!…)

En janvier 94 Plant et son groupe joue en Amérique du sud… il parle ouvertement de retravailler avec Page sans pour autant reformer led zepp…la suite prend forme grâce à M.T.V avec le concert de leurs retrouvailles, le CD et la tournée «No Quarter»…

(*) Toutes les citations de Robert Plant rapportées ici sont extraites d’une interview filmée en 2006 avec Eddie Trunk pour VH1 Classic, au cours de laquelle il passe en revue les différentes étapes de sa carrière solo.

Merci à: Jack pour le fond, et Marie pour les enrichissements! Aout 07...

 

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